Questions et réponses sur la marijuana et sa consommation

Cultiver son cannabis chez-soi, interdit au Québec, permis pratiquement partout ailleurs au Canada!

Chaque état, province ou pays qui choisit de légaliser le cannabis doit établir un cadre précis pour définir comment cette légalisation va s’articuler. Dans certains cas c’est plus permissif, dans d’autres c’est plus restrictif. Il y a de nombreux aspects à considérer: le prix de vente, les taxes, l’endroit où ce sera disponible, l’âge légal pour s’en procurer, la quantité qu’il est possible d’avoir sur soi, et plusieurs autres. À la fin on doit décider ce qui est permis et ce qui ne l’est pas.

C’est plus difficile de prendre des décisions quand on est les premiers à se lancer dans l’aventure. Ce fut le cas du Colorado et de l’État de Washington en 2012. Pas de modèle sur qui copier les bons coups et faire différents des moins bons, les risques d’erreurs sont plus grands. Mais quand on peut s’inspirer des pionniers, le chemin est déjà plus facile et les risques de faire fausse route sont plus faibles.

C’est un peu ce qu’on a fait au Canada. Quand les libéraux fédéraux ont mis en marche leur projet de légalisation, ils ont nommé un comité consultatif. Ce comité avait pour but de prendre des informations sur, entre autres, ce qui se fait ailleurs et de faire ensuite des recommandations. Ce qu’ils ont fait. Et vous savez à quelle conclusion ils sont arrivés sur la question de la culture chez-soi du cannabis? Que les Canadiens devraient avoir le droit de cultiver jusqu’à quatre plants en toute légalité. Au début il était question de plants d’une hauteur maximale de 100 cm, puis la limite de hauteur est disparue. Bien sûr, quatre plants par domicile c’est très peu. Mais c’est déjà un gain quand on considère que la plante était illégale jusqu’ici.

Le gouvernement fédéral veut, par cette mesure, éviter la criminalisation des consommateurs qui souhaitent cultiver quelques plants pour leur usage personnel. De plus, cela représente une autre façon de mettre fin au marché illégal.

Mais le gouvernement québécois a décidé d’interdire la culture à domicile. La ministre Charlebois se défendant sur le sujet il y a quelques semaines a même affirmé: « Le Québec n’est pas la seule province qui dit zéro plant à domicile. On n’est vraiment pas la seule. Je n’ai pas le tableau sous les yeux, mais il y en a plusieurs. »

Mauvaise réponse Mme Charlebois! À part le Québec, il n’y a que le Manitoba qui est aussi restrictif sur le sujet. Six autres provinces vont permettre la culture personnelle de quatre plants (dont l’Ontario, l’Alberta et le Nouveau-Brunswick), les autres ne s’étant pas encore prononcé. En clair, la plante de cannabis sera probablement légale partout au Canada sauf au Québec et au Manitoba. Le Manitoba, j’imagine que ça ne doit pas être l’endroit le plus avant-gardiste en Amérique! Je ne suis pas trop sûr que d’avoir un modèle semblable au leur soit une preuve d’ouverture sur le sujet.

Mais pourquoi donc vouloir interdire que les Québécois puisse faire pousser quelques plants pour leurs besoins personnels? Les arguments sont, pour le moins, douteux.

On a entendu celui de la sécurité. Des grosses méchantes plantes de cannabis c’est dangereux et toxiques. La ministre Charlebois allant même jusqu’à affirmer qu’elle serait inquiète que ses petits enfants s’enfargent dans les plantes d’un voisin qui en ferait pousser et en mange par inadvertance. Vraiment? Va t-on interdire l’auto-culture sur la base de l’ignorance profonde? La plante fraîche de cannabis ne produit pas de substance psychoactive comme tel. Les produits de la plante doivent être chauffé pour le devenir. Craindre que les enfants mangent du cannabis c’est comme craindre qu’ils mangent du brocoli. Non seulement le cannabis frais n’est pas psychoactif, mais il est particulièrement nutritif. Un plant de tomate, des feuilles de rhubarbe et nombre de plantes d’intérieur sont autrement plus toxiques et pas interdites pour autant. Et je passe sous silence tout les produits nettement plus dangereux qui sont partout, souvent facilement accessibles aux enfants et tout à fait légaux. Qui met sous verrou ses médicaments, son alcool et ses produits ménagers?

L’autre argument nous est venu du leader parlementaire Jean-Marc Fournier « Les Québécois ont été consultés. Ils expriment qu’ils veulent aussi des règles strictes. Nous allons en avoir ». Les Québécois ont en effet été consulté. Mais ce qu’ils ont exprimé ne semble pas avoir été bien compris par le gouvernement québécois.

Lors de la consultation publique sur la légalisation du cannabis 60,8% de tout ceux qui ont répondu au sondage en ligne se sont dit en faveur du droit de produire du cannabis à des fins personnelles (alors que 35,4% des répondants se sont dit contre). Lors des consultations régionales, c’est 84,2% qui se sont dit pour le droit à l’auto-culture alors que 31,8% se sont dit contre. Alors ce que le gouvernement a compris ne semble pas conforme à ce que les citoyens ont exprimé, c’est assez clair!

Alors quoi? Qu’est-ce qui va se passer? J’aimerais bien pouvoir vous répondre mais je n’en sait trop rien. Même les bonzes du monde juridiques se contredisent les uns les autres sur comment tout cela va se conclure. Des batailles juridiques sont donc à prévoir.  Il va rester à souhaiter que le souhait du plus grand nombre soit entendu et que, le plus tôt possible, nous puissions orner nos potagers et plates-bandes de cette merveilleuse plante aux multiples propriétés.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1 Comment

  1. Fred sur 10 mars 2018 à 10:22

    C’est n’importequoi. Pourquoi laissons-nous des ignorants sur le sujet et la matière prendre décision pour nous, alors qu’ils ne respecte même pas ce la population veut! J’espère qu’il y aura de bonnes révision avec l’extension du temps de la légalisation…

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