Questions et réponses sur la marijuana et sa consommation

Cannabis et alcool, deux poids deux mesures!

Ce sac blanc, sans artifice et on ne peut plus terne est ce que vous devriez avoir entre les mains quand vous irez acheter votre cannabis à la SQC. Pour faire une comparaison, c’est comme si toutes les bouteilles d’alcool étaient brunes, avaient la même forme et étaient ornées d’une étiquette blanche avec une indication du volume et du pourcentage d’alcool et surtout, d’un avertissement en gros plan pour spécifier que le produit est dangereux pour vous. Cette description ne ressemble pas à la dernière bouteille de vin que vous avez acheté à la SAQ? Pas surprenant, l’étiquetage de l’alcool et du cannabis sont aux deux extrémités du spectre. Et on ne parle ici que de l’emballage!

Comparons un peu plus en détail comment on traite l’alcool et le cannabis quand il est question de le produire, de le distribuer, de le vendre et de le consommer.

Production: je ne connais pas les détails des exigences légales pour produire de l’alcool (pour une microbrasserie par exemple), mais celles pour produire du cannabis sont assez élevées merci. Commençons pour l’auto-production: pour l’alcool vous pouvez produire pas mal toute la bière que vous souhaitez et la même chose si la production de vin maison vous intéresse. Pour produire votre cannabis, à moins d’avoir une autorisation médicale pour le faire, vous êtes aussi bien d’oublier le projet si vous habitez le Québec ou le Manitoba. Ces deux provinces sont en effet les seules au Canada où l’auto-culture sera interdite. Dans les autres provinces, quatre plants maximum.

Et si vous avez envie de vous lancer dans l’aventure de la production commerciale de cannabis et allez chercher une licence de micro producteur, bonne chance! Les exigences pour l’obtenir et les critères de sécurité à atteindre sont des obstacles qui en décourageront plusieurs. Je serais surpris que les exigences pour brasser commercialement de la bière se comparent à celles pour pouvoir cultiver commercialement cette plante.

Côté distribution, j’imagine que vous avez déjà vu des dizaines de fois les camions qui transportent la bière? Ça varie un peu, mais on a souvent droit au nom de la marque en grosse lettre avec des couleurs vivantes, à un slogan et je ne sais quoi. Je vous parie que les camions qui vont transporter le cannabis seront moins voyants. Quelqu’un pour prendre la pari?

Pour la vente alors? Quand vous allez à la SAQ vous êtes souvent servi par un passionné des vins qui vous parle des accords entre les vins et les mets, de tannins, de la palette de goûts en bouche, de finale épicée et d’arôme de framboises mûres. On s’en reparlera une fois les SQC ouvertes, mais à priori, du moins selon ce qu’on entend, les conseillers vont être formés pour répondre aux questions et non pour partager une passion du produit. Ça risque de faire des drôles de conversations celles des clients passionnés et curieux qui jasent avec des employés qui s’en tiennent à des informations techniques!

Et c’est sans parler de l’ambiance de ces magasins où les produits ne pourront être vu de l’extérieur et où les mineurs ne pourront entrer. Bien sûr vous pouvez entrer dans une SAQ avec votre enfant. Il peut voir des bouteilles d’alcool et même y toucher s’il ne les casse pas. Mais de l’herbe séchée? Oubliez ça! Protégeons les yeux prudes de nos enfants des produits du cannabis. Mais tapissons les murs des stations de métro, les abribus et les panneaux publicitaires sur le bord des routes d’annonce de bière ou de boissons alcoolisées. Pour l’alcool, pas de problème!

Et pour la consommation, peut-on prendre une bière sur une terrasse, au Stade Saputo ou au Centre Bell, dans un restaurant ou un bar? Bien sûr que oui! Mais pour le cannabis ç’est une autre paire de manches. Même avec un vaporiseur, tous ces endroits, et plusieurs autres où la consommation d’alcool est permise, ne vous permettront pas la consommation de votre herbe favorite. Et les municipalités n’ont pas encore dit leur dernier mot. Certaines risquent d’ajouter règlements par dessus règlements et de rendre ainsi la consommation de cannabis assez compliquée pour leurs citoyens.

Le cannabis est une alternative sécuritaire à l’alcool, ce qu’on entend trop peu. La consommation de pot a, en effet, moins d’impact sur la santé du consommateur et sur la société en général que celle de l’alcool. Le risque de traiter le cannabis comme quelque chose de dangereux, c’est que ça confirme que ce l’est pour quelqu’un qui croit déjà cela. Inconsciemment ou non, les gens finissent par se dire:  »ça doit être vraiment dangereux si le produit est caché, transporté secrètement et vendu dans des emballage avec un octogone rouge ».

À traiter le cannabis comme du plutonium, il devient facile de croire que c’est un produit qui comporte de grands risques. Et à traiter l’alcool comme du jus de pommes ou du Coke, on finit par croire que ce n’est pas vraiment une substance dangereuse.

Il est possible qu’un jour nous puissions rire de tout cela, quand notre société va réaliser que la légalisation du cannabis ne va pas empirer les choses mais probablement les améliorer. Que tous le monde ne va pas être stone tout le temps et que la vie va continuer de suivre son cours, sans grands bouleversements. Mais en attendant, les amateurs de cannabis sentent probablement comme moi être traités de façon autrement plus sévère que les amateurs de vin ou de bière par exemple. On est vraiment dans une situation de  »Deux poids deux mesures » effectivement!

 

 

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